FINAL APPROACH
J’avais probablement six ou sept ans lorsque j’ai cru, pour la première fois, que je pouvais ouvrir le hublot de l’avion et ramasser les nuages. Pas au sens figuré : je pensais vraiment qu’on pouvait les prendre dans ses mains. Des choses douces, comme des boules de coton, qui flottaient devant la fenêtre, attendant simplement qu’on les cueille et qu’on les rapporte chez soi. Personne ne m’a détrompée avant qu’il ne soit trop tard et, entre-temps, la déception s’était déjà transformée en quelque chose de plus intéressant : une fascination dont je ne me suis jamais vraiment défaite.
Les aéroports et les vols existent dans leur propre temporalité. Ni la vôtre, ni celle de votre destination : quelque chose entre les deux, qui n’appartient vraiment à aucune. Votre téléphone perd le réseau. Le jus de tomate que vous ne commanderiez jamais au sol arrive et, inexplicablement, il est délicieux. Un inconnu s’endort à côté de vous et, pendant un bref instant, vous partagez une étrange forme d’intimité. Le monde, en dessous, continue sans vous. Pendant quelques heures, c’est une chose assez remarquable.
Final Approach est ma façon de photographier cette sensation — cet état suspendu propre au voyage aérien, cet entre-deux. Non pas les avions comme machines, ni les aéroports comme infrastructures, mais cette qualité particulière de lumière, d’attente et de géométrie que cet univers produit. Le taxiway à l’aube. La porte d’embarquement devant laquelle personne n’attend encore. L’horizon vu du mauvais côté des nuages. J’ai regardé tous les épisodes de Mayday. Étrangement, ça me rassure. À vous d’en tirer les conclusions que vous voulez.
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